RAPPORT 2018

                     

                                                        Activité 2017-2018

I) Les activités sur les douze derniers mois

L’année 2018 a été une année conforme à la tradition : en janvier un voyage d’une vingtaine de jours dont vous avez eu le compte rendu fidèle au cours duquel nous avons pu voir la qualité des réalisations financées grâce à votre générosité et discuter avec nos partenaires Burkinabés des projets à venir, et quelques semaines plus tard, un conseil d’administration au cours duquel ont été votés les projets que nous allions soutenir pour l’année 2018.

La majeure partie (70%) des projets décidés a été réalisée  à la date de rédaction de ce rapport mais pas la totalité, soit pour des raisons d’absence de finalisation du projet (complexité), soit pour des questions de planning dans l’année compte tenu notamment de la saison des pluies qui interdit les forages sur la période.

Votre association a investi beaucoup cette année dans l’apprentissage puisqu’il représente près de 40% du total des projets aidés : la part la plus importante a consisté à assurer une formation de base ainsi qu’une formation technique à une trentaine de filles de la brousse pour leur donner une chance de mener une vie qui leur permette de s’épanouir de manière harmonieuse et responsable.

Nous soutenons en fait depuis près de six années ce programme tri-annuel initié et géré par des Soeurs à Diebougou au sud ouest du Burkina qui comprend un volet d’éducation générale de base ou d’alphabétisation et un volet de formation technique, élevage et – ce qui est nouveau – de formation artisanale au tissage et à la broderie grâce à du matériel en bon état qui a été remis à niveau. Cette année, nous avons financé la formation d’une Soeur à la broderie ainsi qu’une boutique sur le marché de Diebougou pour vendre leur production et améliorer ainsi leur autonomie financière. Tout ceci en plus de l’enveloppe annuelle de la formation générale de ces filles.

Un autre investissement a été réalisé pour créer une structure d’apprentissage pour les jeunes toujours à  Diebougou (c’est un hasard de localisation !) dans le cadre d’un programme important développé par les Frères de Saint Vincent de Paul  dont un des représentants est le Frère Laurent Somda dont nous avons fait la connaissance pour la première fois cette année.

Ce projet qui s’étendra sur plusieurs années devra faire appel à des concours multiples d’ONG importantes et Amitié et Développement y contribuera pour sa modeste part.

En l’occurrence cette année, il s’agissait d’une voiture pour transporter les jeunes, d’une réfection de pompe en panne depuis plusieurs années et, réalisé dès la fin de la saison des pluies, un forage avec alimentation solaire pour équiper en eau le futur centre (c’est rare que là-bas on commence par l’eau et nous ne cessions de le recommander pour éviter d’avoir une construction… sans eau dans le sous sol !)

Un autre secteur où nous avons investi est l’éducation générale avec le financement de l’étage du collège de Goundri. Nous avions financé le nouveau bâtiment l’année dernière en se limitant au rez de chaussée et nous avons donc pu achever l’ensemble de la construction. Goundri, rappelons le, est situé dans la banlieue de Ouagadougou et est constitué d’une école primaire puis petit à petit d’un collège secondaire et bénéficie d’un programme mené en commun avec l’association allemande Tua Res.

Nous avons financé également un programme d’alphabétisation à Kordié près de Koudougou pour une trentaine d’adultes, et toujours à Kordié et ses environs, de la culture attelée et des bancs pour un collège qui va être ouvert dans un bâtiment inutilisé (c’est rare que  l’on ne nous demande pas de repartir à zéro avec un nouveau bâtiment et nous voulons encourager cette optimisation des moyens).

Enfin dans le domaine de l’eau, nous avons achevé cette année le programme eau et assainissement financé à 75% par le Fonds Eau de Lyon, 20% étant abondés par Amitié et Développement en plus la participation locale burkinabée.

Rappelons là aussi que ce programme a été initié par le diocèse de Fada pour équiper 5 villages d’un forage et de 10 latrines par village. Le rapport de clôture du programme a été adressé il y a quelques semaines à Lyon et nous attendons leur retour pour encaisser le solde de la réception finale. Un autre programme, copie conforme de celui-là, pourrait alors leur être  proposé pour cinq autres villages dans la même région de l’Est du Burkina.

II) Les finances de notre association 

Nos recettes, sur la période allant du 1er septembre 2017 au 31 août 2018,  se sont élevées à 78 550€ contre 129 066€ l’année précédente soit une diminution de 50 516€. L’écart vient pour l’essentiel du Fonds Eau de Lyon : nous avons reçu de leur part cette année 9 520€ contre 50 380€ l’année dernière au démarrage du programme soit un écart de 40 860€. Le montant des dons, hors Fonds Eau de Lyon, est donc de 69 030€ contre 78 686€  l’année précédente soit un écart défavorable de – 9 656€ du à des dons en 2017 de la Fondation Obélisque et de Talents Partage finançant des projets spécifiques.

Les dépenses se sont élevées à 85 655€  contre 138 602€ en diminution de 52 947€ correspondant pour l’essentiel au projet de forages et d’assainissement du Fonds Eau de Lyon dont la majorité des dépenses a eu lieu l’année dernière.

Sur ce total de 85 655€, les frais de gestion représentent 2 892€, soit 3.4% de notre budget annuel, les autres dépenses les plus importantes se ventilant de la manière suivante :

21 443€ pour l’étage du bâtiment du collège de Goundri . Avec les 32 059€  financés déjà  l’année dernière, Amitié et Développement aura contribué au total pour 53 502.

25 604€ ont été dépensés pour les programmes des filles de la brousse à Diebougou, ce montant couvrant deux années du programme tri-annuel du fait d’un décalage de paiement entre les exercices 2016-2017 et 2017-2018.

9 340€ ont été dépensés  sur le programme d’apprentissage des jeunes de Diebougou.

17 520€  ont été dépensés pour le programme de forages et d’assainissement du Fonds Eau pour équiper les 5 villages en forages et latrines. Au total, en additionnant les deux années, l’actuelle et la précédente, le programme aura représenté un coût (hors participation locale burkinabée) de 79 059€

Nous avons donc sur l’exercice clos le 31 août 2018, un déficit de -7 105€ que nous avons pu financer grâce à notre report à nouveau de 2017.

 Notre solde bancaire à fin août 2018 était de 43 513€, 17 000€  d’aides ayant été débitées sur notre compte tout début septembre ce qui ramène le solde « utile » à 26 000€ environ.

Trois  projets prévus dans le planning mais décalés (comme il l’a été indiqué en début de ce rapport) représentent la totalité de ces 26 000€ et nous pouvons donc considérer que l’ensemble de nos ressources est affecté à des projets bien précis.

III)  La gouvernance de l’association

 Nous avons la grande tristesse de devoir vous informer que Paul Aymard,  notre administrateur depuis des dizaines d’année est décédé en avril 2018. Paul est décédé quelques jours après la disparition de son épouse Jacqueline.

Jacqueline et Paul avaient fondé l’association Partage Tiers Monde à Mont de Marsan qui a aidé nombre de micro réalisations au Burkina.

Emmanuel Lamy, le fondateur d’Amitié et Développement les avait rencontrés fortuitement et ils s’étaient pris d’amitié. C’est Amitié et Développement qui (depuis de longues années)  leur soumettait des projets qu’elle rapportait de ses voyages réguliers au Burkina. Puis, les années passant, les deux associations ont fusionné et nous avons gardé quelques fidèles donateurs de Partage Tiers Monde.

Nous le regrettons tous et spécialement votre président qui avait l’habitude d’avoir de longues conversations téléphoniques avec Paul et Jacqueline pour discuter des projets au Burkina et des relations entre les deux  associations.

Egalement dans les tristes nouvelles, la disparition il y a quelques semaines de Maryelle Payet qui avait fondé le « groupe Payet » qui a aidé de nombreux projets au Burkina en laissant un très bon souvenir là-bas, notamment à Goundri avec Frédéric Ouedraogo. C’est grâce à Maryelle que nous l’avons connu et que nous pouvons aider cette école de Ouagadougou comme vous avez pu le lire dans ce rapport.

Nous avons le plaisir par contre de vous informer que nous avons deux nouveaux administrateurs, Benoît Lamy et Clarisse Bachy, tous deux petits enfants du fondateur Emmanuel Lamy. 

IV) La situation au Burkina Faso

Nous sommes inquiets de la situation là-bas.

Depuis la chute de l’ancien président Compaoré en 2014, nous assistons à une détérioration de la situation sécuritaire du pays qui a tendance à s’accélérer.

Entouré par le Mali et la Niger de l’ouest à l’est en passant par le nord, depuis de nombreuses années, la frontière nord du Burkina était peu sûre et peu d’Occidentaux s’y aventuraient. Mais le reste du pays était sûr. Depuis deux ans, la menace djihadiste s’étend de manière significative à l’est du Burkina et même aussi à Ouagadougou où plusieurs attentats meurtriers ont lieu presque chaque année maintenant. A l’est, des attaques de gendarmeries et de patrouilles de militaires sont de plus en plus fréquentes. Or Amitié et Développement a de nombreuses réalisations dans cette partie du Burkina et également de nombreux projets. Citons pêle mêle, le Cren de Kantchari (frontière est avec le Niger), les programmes de forage dans la région de Fada…

La France est très inquiète de voir cette nouvelle menace islamiste qu’elle réussit à plus ou moins contenir au Mali s’étendre ainsi au sud et qui risque de faire du Burkina la base arrière des djihadistes. Les secousses politiques majeures qu’a subies le Burkina en 2014  (coup d’état militaire etc…) ont déstabilisé l’armée et la gendarmerie qui ont perdu beaucoup de leur efficacité.

La France a proposé ses services de protection aux autorités du pays et deux opérations militaires françaises au Burkina ont eu lieu tout récemment, une au nord et l’autre à l’est mais cela restera très difficile et la réorganisation de l’armée, si elle a lieu (la France pousse beaucoup pour cela)  au Burkina va prendre du temps. La France se prépare à devoir intervenir relativement fréquemment au Burkina.

Votre association est donc préoccupée car une aggravation de la déstabilisation risque de rendre plus difficile la gestion de nos réalisations dans le pays.

Nous ferons tout néanmoins pour continuer en prenant les précautions requises car, de toute évidence, les premières victimes, comme d’habitude, sont et seront les populations les plus pauvres et les plus isolées. Et nous serions désespérés de ne plus pouvoir les aider.

Merci pour votre très fidèle et grande générosité !

 Pour votre Conseil d’administration, son président Michel Vandier.